Collectif de défense des écoles du Garros

Pour le maintien des écoles du Garros dans l’Éducation Prioritaire
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Départementales : Réponse de la liste “l’Alternative, le Front de G’Auch”

mercredi 11 mars 2015, par Collectif

Le Collectif "[Au Garros, l'Éducation doit rester Prioritaire->http://www.facebook.com/AuchGarrosREP]" a interpellé les candidat.e.s du canton d'Auch 3 aux élections départementales sur la situation inacceptable des écoles orphelines du Garros, en leur proposant de [répondre à quatre questions->art55]. ---- {{{Réponse de la liste “l'Alternative, le Front de G'Auch”}}} {{Question 1}} : Le 16 décembre 2014, le Ministère de la Ville retenait le quartier du Garros parmi les 200 quartiers dit "d'intérêt national", le lendemain le Ministère de l'Éducation Nationale annonçait la sortie des écoles du quartier de l'Éducation Prioritaire. Pour notre collectif, cette décision est politiquement incohérente et en contradiction avec les déclarations du Président de la République lors de sa venue en août 2013. _ {Quelle votre analyse sur la situation éducative au Garros, quartier qui serait prioritaire et où l'Éducation ne le serait plus ?} La situation des écoles “orphelines” du quartier du Garros est un exemple malheureusement assez évident des incohérences du gouvernement socialiste, et d’une réforme de la carte de l’éducation prioritaire qui a été faite sans concertation des élus et acteurs locaux et sans regarder la nouvelle politique de la ville, contrairement à ce qui avait été annoncé par la ministre de l’éducation nationale. _ On peut se demander dans quelle mesure la rectrice de l’académie de Toulouse, Hélène Bernard, n’a pas encore une fois considéré le Gers, département rural, comme un réservoir de moyens, pour recentraliser les moyens d’éducation prioritaire sur les grands pôles urbains et notamment la métropole toulousaine (le collège de Cazaubon quitte lui aussi l’éducation prioritaire, et nous le déplorons). _ Les écoles du Garros sont injustement sanctionnées par l’absence d’un collège de rattachement, alors que la décision qui avait été prise il y a une quinzaine d’années de ne pas rattacher les écoles au collège Mathalin favorise de fait la mixité sociale. C’est d’autant plus surprenant qu’une circulaire du ministère de l’éducation nationale parue en janvier demande désormais à réfléchir à des zones dans lesquelles il y aurait plusieurs collèges de rattachement, pour favoriser cette mixité. _ Cela entre également en contradiction avec les propos de Manuel Valls, qui parle d’ “apartheid social” et annonce “ une modification de la carte de recrutement scolaire pour les collèges, une scolarisation accrue des moins de trois ans dans les zones très prioritaires (50% d'ici 2017, avec la mobilisation de 800 enseignants)”. Pourtant, le quartier du Garros, qui reste ultra prioritaire dans la nouvelle politique de la ville, semble condamné à sortir de l’éducation prioritaire, ce qui est inacceptable. {{Question 2}} : Ces derniers mois, le travail de notre collectif a mis en évidence les contradictions à la fois entre les politiques de l'État sur un même territoire, mais aussi au sein de l'Éducation Nationale, pourtant aucun des représentants des services de l'État (Préfecture, Rectorat) n'a été en mesure de proposer une solution cohérente et à la hauteur des besoins de ce quartier populaire. _ {Quelles sont vos propositions qui permettraient, sur ce territoire dont vous seriez l'élu.e, de retrouver de la cohérence dans les politiques menées et de répondre aux besoins éducatifs de ce quartier ?} Les rôles des conseillers départementaux et les nouvelles compétences ne sont pas encore connues. Pour autant, il semble indispensable de défendre les besoins éducatifs spécifiques du quartier, comme nous avons déjà essayé de le faire au niveau du conseil municipal, et en soutenant autant que possible le mouvement des parents et enseignants du quartier. _ Une première idée pourrait être de se mettre en contact avec les services de l’inspection d’académie et du rectorat, mais aussi directement avec le ministère et le gouvernement pour tenter d’obtenir des moyens supplémentaires pour les écoles. De façon plus pragmatique, et si les collèges restent dans la compétence du département, cela pourrait aussi être en essayant de favoriser toutes les activités de décloisonnement et de liaison CM2-6ème d’autant que le nouveau cycle 3, cycle de consolidation, regroupe les cours moyen première année, cours moyen deuxième année d'école élémentaire et classe de sixième, au collège. _ Parmi les missions du conseil général figurent également l’aide sociale et la protection de l'enfance. A ce titre, il sans doute possible d’agir pour établir un lien entre les assistantes sociales de secteur du quartier et les écoles, qui auraient cruellement besoin d’un accompagnement de ce type, ainsi que d’un médecin ou d’une infirmière référent.e.s. Cela semble d’autant plus possible que la carte des secteurs d’intervention des assistantes sociales scolaires a été revue et pourrait favoriser un tel accompagnement. _ Enfin, il serait pertinent que le département accompagne de façon plus marquée le travail des associations qui oeuvrent sur le quartier, notamment dans le domaine de la culture et de l’éducation, pour encourager et accompagner les écoles dans leurs nombreux et pertinents projets. Une action en cohérence avec les positions prises au niveau municipal : À l’échelle de la commune, on peut déplorer que le budget des écoles ne soit calculé qu’en fonction du nombre d’élèves à la rentrée, et non en tenant réellement compte des catégories socio-professionnelles des familles, ni des élèves qui arrivent en cours d’année. Il existe de fait des disparités importantes dans les budgets dont dispose les différentes écoles, que le système de calcul en place ne permet pas de compenser. Joëlle Reynaud s’est aussi étonnée de voir qu’aucun projet de classe de découverte n’était financé par la mairie dans les écoles du Garros : les coopératives scolaires et les enseignants du quartier ne peuvent solliciter les parents pour compléter le coût de tels projets, ce qui accentue donc de fait les inégalités sociales. Dans le cadre du conseil municipal, notre élue s’est aussi émue de la grande disparité existant dans le financement des associations qui interviennent dans le cadre du CLAE. {{Question 3}} : Les actions menées par notre collectif nous ont convaincu que la Direction Académique des Services de l'Éducation Nationale (DASEN) n'était pas en mesure de maintenir les moyens des écoles du Garros sans en priver d'autres écoles Gersoises. Cette solution est refusée depuis le début par notre Collectif et c'est pourquoi nous demandons le maintien du label "Éducation Prioritaire" et la mise en œuvre de moyens liés à un budget national. Par ailleurs, les solutions trouvées pour des écoles des académies de Dijon ou d'Aix-Marseille prouvent que lorsque des situations locales particulières sont prises en compte par le gouvernement (après intervention d'élu.e.s locaux), le Ministère de l'Éducation Nationale est tout-à-fait en mesure d'apporter des réponses adéquates à ces situations locales. _ {Élu.e, quelles formes prendraient concrètement votre engagement et votre mobilisation pour obtenir une prise en compte de la situation particulière du Garros, dont vous serez la/le représentant.e, par le gouvernement et le Ministère de l'Éducation Nationale ?} Nous sommes un modeste rassemblement de citoyens et d’organisations politiques, et il est difficile de savoir dans quelle mesure nous pouvons mener des actions influentes au niveau national pour tenter d’infléchir la position du ministère. M. Martin, qui a défendu le cumul de ses nombreux mandats en expliquant qu’il pouvait ainsi faire avancer à différents niveaux les dossiers, tout en restant ancré dans le “local”, s’est particulièrement tenu en retrait dans toute cette histoire, alors qu’en tant qu’ancien ministre et député, il aurait pu faire plus qu’un simple courrier envoyé au début du mouvement ! C’est l’intervention de François Rebsamen qui a ainsi permis la réintégration des écoles des Grésilles à Dijon ! Il est tout à fait déplorable de constater que sous couvert d’égalité de traitement et de justice sociale, seul “le fait du prince” décide ou non de mesures dérogatoires, alors que tout le monde s’accorde à dire que les écoles du Garros justifieraient un classement en éducation prioritaire ! Ce sont les enfants du quartier qui vont payer les dissensions au sein du PS, et les règlements de compte entre différents courants internes au parti ! M. Hollande déclarait en août 2013 que le quartier du Garros serait “exemplaire”. Il devient surtout exemplaire de la cacophonie qui règne au sein du gouvernement et de la majorité présidentielle, coupée des réalités et des élus locaux. _ Si nous sommes élus, nous nous engageons bien sûr à interpeller à ce sujet la Ministre de l’Éducation et le Président de la République en tant qu’élus du conseil départemental, et à demander également une remise à plat de la nouvelle carte scolaire et des suppressions prévues des RPI : où sont les 60 000 postes d’enseignants promis à l’échelle du pays ? _ Comment peut-on accepter de supprimer des écoles rurales, indispensables à la vie des communes et à la qualité de vie des écoliers, pour reconstituer un vivier de remplaçants inexistants ? _ Comment peut-on affirmer d’une part remettre en avant et soutenir l’enseignement primaire et casser ainsi nos écoles ? _ Comment peut-on supprimer les décharges de direction des deux écoles à trois classes du quartier du Garros et les temps de concertation et de rencontre avec les parents sous ce même prétexte du manque de remplaçants ? _ Comment peut-on fermer des écoles alors même que les chiffres de la division de la prospective des services du rectorat prévoient une augmentation du nombre d’élèves dans le premier degré dans les trois années qui viennent ? {{En conclusion}} : _ {Si vous étiez élu.e , vous engagerez-vous à défendre la cause des enfants du quartier du Garros en exigeant auprès des autorités compétentes le classement des écoles du secteur en REP ?} La réponse est bien évidemment oui ! Au ministère d’inventer la mesure dérogatoire qui permettra de donner aux écoles du Garros les moyens qu’elles méritent, pour résoudre le problème causé par une réforme basée sur des indicateurs déficients. Si nous sommes élus, nous demanderons : - le rétablissement des décharges de direction pour toutes les écoles - la mise en place d’un véritable suivi par les assistantes sociales du secteur,qui devraient bénéficier d’un temps dédié aux liens avec les écoles et les enseignants dans le cadre de leur temps de travail - la mise en place d’un véritable RASED sur le quartier - la mise en place de temps de concertation et de discussion, entre enseignants mais aussi avec les familles. - le maintien de la prime ZEP pour tous les enseignants des écoles, actuels et arrivants. - et bien sûr, le maintien d’effectifs raisonnables (pas plus de 18 élèves par classe) sur les écoles du quartier. » document 54